J’en suis sûre, personne ne découvre ce terme aujourd’hui, et personne non plus, ne se sent épargné par le stress.

Lorsque nous évoquons le stress, nous pensons à une invention moderne.

“Stress, mal du siècle” titre souvent les articles sur le sujet. Certes, la société moderne n’est pas dépourvue d’occasions de stresser. Mais pour comprendre de quoi il s’agit vraiment, je vous propose un petit voyage dans le temps.

Et oui, le stress précède sa découverte de quelques… millions d’années!

Ah bon! Comment ça? me direz-vous, l’homme préhistorique stressait? Lui!

Lui qui pouvait faire ce qu’il voulait de ses journées, sans réveil matin, sans montre, sans problème d’argent, sans patron exigeant, sans objectifs professionnels, sans surcharge de travail, sans bouchons de circulation, sans métro, sans examens, sans prise de parole en public, sans clients caractériels, sans tâches ménagères, sans crainte pour l’éducation de ses enfants (vont-ils faire médecine ou HEC? la question ne se posait pas). sans risque de se retrouver au chômage…

Mais, quelles étaient donc les préoccupations de cro-magnon?

Oh, si peu!… Juste sauver sa peau en milieu hostile et combattre des bêtes féroces pour se nourrir.

Là est l’origine du stress. Non pas une préoccupation, mais une réponse physiologique super-boostante pour faire face à un danger potentiellement mortel.

En fait, le stress est un mécanisme de défense, “conçu” (selon les lois de l’espèce) avant tout pour un monde sauvage et animal, et non pour la société moderne.

Ce stress, défensif, fonctionne de manière inconsciente et instinctive.

D’abord, un signal d’alerte. Le cerveau détecte une situation menaçante et déclenche la sécrétion d’hormones du stress. La plus connue: l’adrénaline.

Celles-ci, entrainent de nombreuses réactions physiologiques dans le but de mobiliser de l’énergie afin de combattre ou fuir un danger.

Les battements cardiaques augmentent et pompent plus de sang vers les muscles. Les artères se contractent = augmentation de la pression artérielle, les veines se dilatent = plus d’oxygénation.

La respiration s’approfondit. Narines, gorge et poumons laissent entrer plus d’air et accélèrent la respiration = plus d’oxygène dans le sang

La digestion est interrompue car trop énergivore.  Les vaisseaux sanguins de l’estomac et des intestins se contractent, la bouche devient sèche, et la vessie  et l’intestin fonctionnent… disons pas comme d’habitude!

Les glandes sudoripares nous font transpirer pour rafraichir l’organisme

De l’endorphine est même sécrétée pour nous anesthésier en cas de blessure et rester concentré. Même les vaisseaux sous la peau se contractent pour réduire le risque hémorragique.

Les sens s’aiguisent, le système reproducteur s’arrête…

Bref, tout ça pour disposer d’une énergie augmentée et faire face (par la fuite ou l’attaque) au danger.

Certaines de ces manifestations du stress vous parlent-elles?

Maintenant, c’est à cro-magnon de s’étonner. A quand remonte votre dernier combat avec une bête sauvage?

Saluons la magnifique mécanique dont la nature nous a doté:  Un super turbo de série, qui démarre au quart de tours.

Le problème, c’est qu’il s’enclenche même quand nous n’en avons pas besoin. Nos conditions de vie ont énormément évolué jusqu’à la société moderne, mais le stress, lui est resté primitif.

Il ne fait pas la différence entre un doberman enragé et une convocation par notre direction, entre un risque incendie et une prise de parole en public, entre une agression et un bouchon de circulation qui va nous mettre en retard… Une seule réponse, non spécifique: mettre en route le super turbo!

Plusieurs éléments en guise de conclusion:

1.Le stress est une super fonctionnalité pour sauver notre peau

2.Malheureusement, dans 9 cas sur 10 il n’est pas adapté à nos situations modernes (on peut aussi dire heureusement!)

3.S’il se prolonge, s’il devient chronique: ses symptômes apparaissent.

4.Malgré son caractère inconscient et instinctif, nous pouvons agir pour le déprogrammer et également réparer ses dommages.

5.Loin de moi l’idée de réduire le stress à un simple phénomène physiologique. Bien sûr, nous aborderons au fil des pages les aspects psychologiques du stress.